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Bulletin franco-hellénique de l’Association des amis de la Grèce et de Chypre,19 rue Erard, 75 012 PARIS, n°47, septembre 2003

Tous les désespoirs sont permis, Nico PAPATAKIS.

vendredi 17 octobre 2003, par Geneviève Monloubou

Éditions Fayard, 347 p., 22 euros.

Né en 1918 en Éthiopie d’un père grec et d’une mère abyssine, Nico Papatakis, contraint à l’exil par Mussolini, valet de chambre en Grèce sous la dictature de Metaxas, peintre, aventurier, fut le héros des nuits de St Germain des Prés du temps de La Rose rouge, l’artisan du triomphe de la représentation d’Exercices de style de Raymond Queneau. Devenu cinéaste, il a réalisé Les Abysses (1963), film très dérangeant sur les soeurs Papin, puis Les Pâtres du désordre (1968) dans lequel il règle ses comptes avec les colonels grecs, Gloria Mundi (1975) traitant de la torture et des Palestiniens, La Photo (1987) ou les difficultés d’intégration en France de deux exilés, L’équilibriste (1991) enfin, hommage rendu à un jeune Arabe qui s’était suicidé après avoir été répudié par Jean Genet. Il a à son actif beaucoup d’adaptations, de courts métrages, de dessins animés...

À l’âge de 85 ans, il publie une autobiographie qui retrace son incroyable et tumultueux destin et tente de traiter par l’humour noir les tribulations auxquelles il est surpris d’avoir survécu. Il est des rêves, des souvenirs, qui tourmentent et qu’il est apaisant de transmettre, d’où le livre : Tous les désespoirs sont permis. « Je ne me serais jamais attaqué à une autobiographie s’il ne s’était agi que de parler de moi et de mes rencontres. Je cite le moins de noms possible. C’est un regard sur ma vie qui fuit le factuel, une narration non linéaire, une transposition poétique où je saute du présent au passé, où je fais parler les morts, mélange différents types de narration dont l’épistolaire, mêle grotesque et tragique, paroxystique et hilarant. »

Ce livre luxuriant, tout en zigzags, ellipses et digressions parfois cocasses, mérite d’être lu.

Josette Doron