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AKRONAUPLIE : UN BAGNE POLITIQUE

vendredi 27 février 2004, par Geneviève Monloubou

Le 4 août 1936, le général Métaxas instaure une féroce dictature en Grèce. Calqué sur le modèle mussolinien, son régime pourchasse tous les démocrates, des libéraux aux trotskystes. Les communistes étant les plus nombreux et les mieux organisés, ils seront la cible privilégiée de la police secrète du régime.
Les mouchards s’infiltrent partout et les organisations démocrates clandestines tombent, les unes après les autres. Les prisons sont bondées et Métaxas décide alors de transformer la forteresse d’Akronauplie en un bagne politique pour les militants les plus aguerris. Entre 1936 et 1943, plusieurs milliers de personnes y séjourneront plus ou moins longtemps.
En 1936-37, les prisonniers communistes, trotskystes, anarchistes et socialistes vivent en bonne entente. Mais rapidement la direction stalinienne du PC grec décide de prendre le contrôle du camp. C’est Giannis Ioannidis qui s’en charge sur place. Les détenus non communistes se retrouvent coincés entre les matons et leurs codétenus staliniens. Aucune évasion n’a lieu.
En avril 1941, la Grèce est attaquée par les Nazis. Le 27 avril, Athènes tombe. Quelques jours plus tard, les gardiens offrent la forteresse aux occupants germano-italiens, leur livrant ainsi leurs prisonniers. En juin 1941, le PC grec réussit à faire évader quatre de ses cadres slavomacédoniens de l’Akronauplie, pour organiser la résistance dans le nord du pays.
Petit à petit, la forteresse va se vider ; les occupants italiens préférant regrouper leurs prisonniers dans des endroits plus simple à garder.
En septembre 1943, l’Italie capitule. Les Allemands s’emparent alors d’Akronauplie, transfèrent les derniers prisonniers dans des camps de regroupement près d’Athènes, sorte de Drancy grecs, antichambres des camps de la mort.
La plupart des prisonniers livrés en 1941 par la police de Metaxas aux occupants serviront d’otages et seront fusillés à chaque action de la résistance.
La tragédie de l’Akronauplie sera immortalisée à travers un poignant chant de partisans.

Christophe Chiclet